Monnaies Alternatives

L’Accorderie de Québec est une coopérative de solidarité et d’échanges de services. Les échanges entre les membres se font par une monnaie alternative qu’on peut appeler « heure », captant le temps passé à donner/consommer des services échangés entre les membres utilisateurs. Il existe à travers le monde diverses monnaies (+ de 4 000) dites alternatives, locales, sociales ou communautaires qui sont utilisées en complément de la monnaie nationale; certaines communautés utilisent un système d’échanges alternatif similaire à celui de l’Accorderie, mais d’autres mettent en place des monnaies tangibles servant à acheter des biens et services sur un territoire donné. L’Accorderie est une monnaie alternative dans le sens qu’elle est un système d’échange qui se passe de monnaie nationale en utilisant l’heure comme monnaie d’échange.

 

Que sont les monnaies alternatives?

 

Les monnaies locales sont un outil de réappropriation de la chose économique et de tissu social par le citoyen.  Elles mettent de l’avant les dimensions locales et réelles de l’économie, contrairement  aux monnaies nationales qui sont plutôt soumises aux aléas de la spéculation, les monnaies locales ont la force de pouvoir choisir les commerces en établissant une charte de valeur que les citoyens ont adoptée. En ce sens, les monnaies alternatives ne concurrencent pas les monnaies nationales, mais les complètent en greffant les volets solidaires et respectueux de la Nature au volet économique des échanges effectués. La construction d’une monnaie alternative se fait conjointement entre le citoyen, les organismes, les entreprises locales et parfois aussi avec les villes le désirant. C’est une construction qui se fait de la base, pour essayer de construire un système d’échange qui réponde à des valeurs qui sont en adéquation avec une vision alternative au mode de pensée actuel, tout en essayant d’être cohérent avec l’environnement et les réalités sociales.

 

L’histoire (très résumée) des monnaies alternatives

 

-Depuis que l’argent a été créé pour faciliter les échanges économiques, aussitôt qu’une monnaie « officielle » sur un territoire donné connaissait des ratés en termes de disponibilité ou de pouvoir d’achat, apparaissait une monnaie alternative, plus ou moins éphémère dans le temps.

 

-En Nouvelle-France, le manque de numéraires en monnaie « officielle » a favorisé la production par certains marchands de « monnaies privées », ou « reconnaissances de dettes ». Les premières monnaies de papier en Amérique du Nord furent de simples cartes à jouer, utilisées ici à la fin du 17e siècle pour pallier la pénurie de monnaie en provenance de la mère-patrie. Anecdote : la monnaie Canadian Tire, démarrée au pays en 1958, n’est pas une « monnaie alternative », puisqu’elle vise uniquement la fidélisation de ses clients, et que sa distribution est couplée aux achats effectués par ceux-ci.

 

-Wörlg, Autriche, 1932: pour contrer un endettement municipal endémique et un chômage frisant les 30%, cette ville décide de créer des bons-travail. Après quelques mois, la dette de la ville est payée, le chômage supprimé; mais le Parti socialiste au pouvoir fait arrêter le projet, craignant une concurrence pour la Banque centrale du pays.

 

L’Accorderie, foyer d’échanges avec monnaie alternative et plus 

 

Contrairement à certaines communautés seulement organisées autour d’une monnaie alternative servant à acheter des biens et services, l’Accorderie, en plus de gérer sa monnaie alternative « heure », a également une mission visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale; c’est pourquoi des échanges collectifs permettant de servir la mission y ont aussi lieu. Il y a donc une valeur  humaine ajoutée dans les échanges effectués via « l’heure Accorderie ». L’Accorderie a pour fondation un groupe d’achats et un système de prêt à microcrédit, ce sont les services fondateurs de l’Accorderie auxquels s’est fondé l’échange de services qui est la similitude avec les différentes monnaies alternatives existantes dans le monde.  Contrairement à un échange économique courant, la valeur d’un échange auprès d’un SEL ou de l’Accorderie permet un échange humain; le but recherché étant le partage, lorsqu’un vient vous aider, il vient aussi vous enseigner si vous êtes réceptif à ce partage. En passant par ce type de système, on vise l’autonomie et l’augmentation du pouvoir d’agir de chacun.

 

Pourquoi une Accorderie ou un type de monnaie alternatif?

 

Il y a parfois des moments où nous devons faire des choix, des moments où les situations nous obligent à nous débrouiller, même des moments ou nous ne savons plus quoi faire. Choisir une manière alternative à un système qui propose des inégalités et une course-poursuite à la compétition alors que l’on veut seulement le bien-être de son voisin et de sois-même, c’est pourquoi il faut parfois décider de faire un pas de côté. Choisir autre chose que ce que l’on nous impose. L’Accorderie? Choisir de prendre plus de temps avec quelqu’un pour apprendre à réparer une machine chez soi? Apprendre à faire une tâche manuelle pour ne plus dépendre d’un magasin? Tisser des liens pour moins de bien, choisir de prendre le temps d’échanger pour prendre plus de temps à moins accumuler de l’argent pour le dépenser pour la même chose.  Que ce soit l’Accorderie ou une monnaie alternative, elle permet dans les deux cas de redonner plus de valeurs aux savoir-faire locaux et simples. C’est aussi important que cela ne soit pas vu comme un repli sur soi, mais bien un retour aux savoirs de chacun, et de chacun sur cette planète afin que tout et chacun puisse vivre en harmonie avec son environnement.

 

La simplicité, le savoir et le partage….

Dans la ville de Québec, il existe actuellement une initiative citoyenne pour la création d’une monnaie locale à Québec, voir leur site.

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