Les chroniques d’Hélène #1 : « Besoin ou désir? »

BESOINS OU DÉSIRS: TOUT EST DANS LE SAC?

 

– « Lisa, tu as la liste de courses? Tu sais que sans elle, tu achètes trop ou tu oublies des choses. Notre budget est serré, limite-toi à ce que nous avons convenu.

– Oui, oui, t’inquiète pas. J’ai ce qu’il faut. Je ne serai pas partie plus de quelques heures, juste le temps d’aller au supermarché. C’est pas mal là que je trouverai tout ce dont nous avons besoin. À tout à l’heure! »

J’ai bien fait ma liste avant de partir. Faire les courses est une tâche dont je me passerais bien mais il y a les enfants, les lunchs à préparer, les vêtements à renouveler, la nourriture pour le chat et j’en passe. Et je n’ai que deux heures pour tout faire avant d’aller prendre les enfants à l’école.

– « Allons, allons! Remue-toi et ne reste pas là à ne rien faire. « Move » comme te le disait une ancienne enseignante. »

Bon, nous y voilà! Devant le comptoir des charcuteries, ce ne devrait pas être compliqué. Une vingtaine de tranches de jambon blanc et, ça ira. Oh! Il y a des cerises au comptoir des fruits et légumes, j’en prendrais bien un sac. Pour le chat, j’ai vu une annonce de bouffe qui leur donne un poil plus soyeux il paraît. Je vais en prendre deux sacs ça ne se perd pas. Gilbert en ronronnera un coup! Clara a besoin d’un chandail pour l’hiver. Elle a grandi et celui qu’elle porte ne lui va plus. Tiens, il y en a un en mohair de couleur vert. En plein la couleur préférée de Clara. Bon, tout y est pour aujourd’hui. J’achèterai le pain et le lait au dépanneur en rentrant à la maison. Il y a foule à la caisse,. Attendre n’est pas mon fort, c’est une perte de temps. Qu’est-ce que les gens peuvent bien acheter? Ça finit toujours par être la même chose.

– « Bonjour Madame, vous avez trouvé tout ce que vous vouliez? Autre chose pour vous?

– Non, Merci. C’est complet pour aujourd’hui.

– Cela vous fait un total de 84,27$. Vous désirez un sac?

– Oui. Non. Mais il y a sûrement une erreur, je n’ai que cinq articles. Vous pouvez compter à nouveau, Mademoiselle?

– « Oui, bien sûr Madame… Mais les prix sont codés avec les étiquettes et la marchandise au poids bien pesées. On ne peut pas vraiment se tromper. Je suis désolée, mais le total est toujours de 84,27$

– Mais bon sang, que s’est-il passé. Je n’ai pas la berlue, j’ai bien vu les prix de ces cinq articles. Ça ne se peut pas! C’est trop cher, je n’y arriverai pas. Et que dira Richard à mon arrivée à la maison. Il verra sûrement l’ampleur de mes achats. Mais le jambon blanc, c’est très bon ; les cerises n’ont pas leur pareil ; Clara sera tellement contente de son chandail. Et Gilbert dont le poil frisotté a besoin d’un relooking fera le gentil toutou.

J’emporte tout et on verra…

Ce qui vient de se passer est fort commun et Lisa n’est ni la première, ni la dernière personne à s’y rendre. Le marketing ne crée pas les besoins, ceux-ci préexistent, mais il influence les désirs. Le marketing suggère au consommateur que du jambon blanc et des cerises françaises, un beau chandail et une bonne alimentation pour le chat peuvent servir à satisfaire un besoin d’estime. Il ne crée pas le besoin d’estime, mais propose un moyen de le satisfaire. Souvenons-nous que les besoins sont limités. Par contre, les

désirs eux sont infinis. Ce sont souvent nos désirs qui nous coûtent une petite fortune. Et ça, le commerce l’a compris depuis longtemps. C’est maintenant à chacun de ne pas s’y laisser prendre. On sait que le besoin de la soif peut facilement se satisfaire par un bon verre d’eau. Préférerons-nous toujours la boisson gazeuse ou le jus de fruits? Faut y penser et y voir avant la première gorgée.

 

 

Hélène Quirion

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